Les Français en Russie

LES FRANCAIS EN RUSSIE

Suite à une opération, j’ai dû garder la position allongée pendant un mois.

Que faire ? … lire évidemment !

« LA GUERRE ET LA PAIX » de TOLSTOÏ  Pléiade de 1680 pages … bonne idée !

La lecture en est aisée car très bien écrit et traduit. L’histoire on la connaît : la Russie entre 1805 et 1812, dans un milieu noble et militaire.

J’avais lu une biographie de TOLSTOÏ, écrite par Henri TROYAT, et une histoire de Napoléon de Max GALLO.

Tous ces écrits se complètent et se recoupent, et, à leur lecture, une question me venait toujours à l’esprit : « pourquoi la langue française a-t-elle toujours été aussi présente dans les classes aisées de Russie ? »

TOLSTOÏ décrit des soirées mondaines Russes où l’on parle – fort bien – le Français, à tel point que parler Russe était quelque peu mal vu.

TOLSTOÏ a d’ailleurs écrit le premier chapitre de LA GUERRE ET LA PAIX en Français.

J’ai donc cherché à découvrir les origines de cet engouement pour la langue Française.

Les premiers Français arrivèrent en Russie – Moscou et Saint Pétersbourg – vers 1580, à l’époque de Henri IV. Ils étaient tapissiers, marchands, pelletiers, et industriels.

… Les Etats-Unis avaient le Far-West, l’Europe le Far-Est.

Il y avait aussi des artistes de théâtre, des musiciens, des maître de ballet.

Il y avait surtout des précepteurs, que l’on a chargés de l’éducation des enfants de la bourgeoisie et de la noblesse.

… L’élégance, les bonnes manières, le savoir-être en société, les bonnes mœurs … étaient dans l’esprit des Russes de l’époque l’apanage des Français.

L’arrivée en 1812 de Napoléon fut très mal vécue par la communauté Française.

Les Français de Russie étaient considérés comme espions par les Russes et traîtres par les Français.

Beaucoup de Français et leurs familles ont alors fui la Russie, plus ou moins volontairement.

C’était déjà ‘la valise ou le cercueil’.

Toute la communauté fut détruite, et rares sont ceux qui restèrent en Russie.

Toutefois, les Français sont revenus peu à peu, car les besoins de la Russie demeuraient les mêmes : industriels, commerçants, artistes.

On retrouve d’ailleurs beaucoup d’anciens officiers et soldats de Napoléon comme précepteurs. Beaucoup avaient la prétention, mais peu la compétence.

Dans la langue Russe de l’époque, on identifie déjà de nombreux mots Français. Voir le livre de Sylvain TESSON « Ciel mon Moujik »

Les enfants des familles Françaises vont aux Lycées Français de Moscou ou de Saint Pétersbourg, dirigés par les Soeurs de la Communauté Saint Joseph.

Cette Communauté, toujours en activité, est originaire de BELLECOMBETTE, près d’Annecy en Haute Savoie.

Celle-ci détient encore toutes les archives du Lycée Français de Moscou, que les Soeurs actuelles m’ont gentiment invité à aller consulter.

A la Révolution tout a changé, c’est à nouveau « la valise …… »

Très peu de Français sont restés, qui aimaient la Russie. Beaucoup sont des femmes mariées à des Russes.

En 1920, on peut considérer que la Communauté Française n’existe plus.

Les Soeurs sont rentrées au couvent de Bellecombette.

Tous ces évènements retracent l’histoire Russe de ma famille paternelle.

Malgré toutes ces pérégrinations, et cela vaut encore de nos jours, le peuple Français a toujours eu une attirance particulière pour la Russie, et l’inverse est également vrai.

Bibliographie :

Ciel mon Moujik, Sylvain Tesson 2017

Histoire de la Colonie Française de Moscou depuis les origines jusqu’en 1812, Félix TASTEVIN 1908

Les Français de Moscou en 1812, Sophie Hasquenoph 2012

Biographie de Tolstoï, Henri Troyat 1965

Les Français de Moscou et la Révolution Russe, Sophie Hasquenoph 2017

La Guerre et La Paix de Léon Tolstoï

L’incendie de Moscou, Daria Olivier 1964

Oeuvres inédites du Conte Rostoptchine, gouverneur de Moscou en 1812, 1894

Napoléon, Max Gallo 1999

Avec Léon Tolstoï, Souvenirs par Tatiana Tolstoï, 1975

Si vous souhaitez compléter ces quelques lignes, je tiens à votre disposition tous les ouvrages cités ci-dessus.

Nicolas Beaux 06 79 53 56 88

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