Matriochka, poupées russes

Les poupées russes ou matriochkas (russe : матрёшка, pluriel матрёшки matriochki) sont des séries de poupées de tailles décroissantes placées les unes à l'intérieur des autres. Le mot matriochka est dérivé du prénom féminin Matriona, traditionnellement associé à une femme russe de la campagne, robuste et aux formes généreuses, prénom de même étymologie que мать (« mère ») et матрона (« matrone »). On parle aussi parfois de poupée gigogne, en référence à la marionnette de la Mère Gigogne, qui représente une grande et forte femme entourée d'enfants.

Une poupée russe est une figurine creuse en bois et façonnée au tour, qui s’ouvre en deux horizontalement, révélant ainsi à l’intérieur une figurine similaire de taille plus petite. Cette seconde figurine renferme elle-même une autre figurine, et ainsi de suite. Une série comporte le plus souvent 5, 7 ou 10 poupées mais peut aller pour les grands modèles jusqu’à 64. Les plus prisées sont fabriquées en tilleul mais la plupart sont en bouleau. Elles sont presque exclusivement tournées, de forme ovale épaulée, arrondie vers le haut pour la tête et fuselée vers le bas. Elles ne possèdent pas de mains, exceptées celles qui sont peintes. La beauté de l’objet réside dans les peintures de chaque poupée, qui peuvent être extrêmement élaborées. Une série de poupées russes suit souvent un thème particulier. Il peut s’agir par exemple de jeunes paysannes en robes traditionnelles, mais le choix du thème reste très libre, les poupées pouvant représenter des personnages de contes de fée tout comme des dirigeants soviétiques voire d’autres pays. La poupée la plus grande est traditionnellement une femme vêtue d’un sarafan (robe traditionnelle russe) et tenant un nid. Les autres poupées peuvent être des deux sexes, la plus petite étant habituellement un bébé qui ne s’ouvre pas. On offrait jadis ces poupées lors des noces comme symboles de prospérité et d’une nombreuse descendance, mais la tradition est récente, car elles ne sont pas attestées avant la fin du xixe siècle.